Vocation inaltérable.

Livre de l’exposition, vu à la cité musicale de Metz en décembre 2017.

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Mécaniques Waverly

 

L’atelier est désormais en mesure de fournir au meilleur prix les fabuleuses mécaniques WAVERLY, certainement parmi les meilleures au monde.
Ces mécaniques « open back » sont d’une douceur et d’une précision incomparable. Construites dans les meilleurs matériaux, vis sans fin en acier inoxydable en contact avec un engrenage en bronze pour un coefficient de friction réduit à son minimum, nickelages et dorures épais et durables, faible poids, look rétro, elles mettront en valeur votre guitare, l’accorder devient un véritable plaisir, la sensation sous les doigts est perceptible et inoubliable!
Utilisées par les meilleurs luthiers américains et firmes industrielles pour leur haut de gamme (Collings, Martin, Santa Cruz, Gibson etc. ) et tous nos modèles folks et arch-top à partir de 3500 €.

A partir de 160,00 € prix public TTC le jeu finition nickel, 197,00 € en finition dorée. Elles existent en version gravée main /dorée à 390,00 € public TTC. Existent en différentes formes de bouton, différentes matières (métal, bois (amourette moucheté, ébène) écaille, ivoiroïd) nickelé, doré ou patinées.

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Et pour les restaurations de belles guitares anciennes, nous vous proposons les mécaniques américaines reliquées « Golden Age » à partir de 48 Euros. Ces mécaniques n’ont certes pas les qualités des Waverly, mais leur finitions vous permettrons de restaurer avec goût et sans les dénaturer vos anciennes guitares moins coûteuses de type Harmony, Key, ou autres silvertone.

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Deep West « Jungle Belle »

Il y a une dizaine d’année en arrière, j’ai décidé de ne plus faire que des guitares une à une, à la pièce, au rythme d’une dizaine  par an, en excluant quasiment toutes les commandes pour laisser à mes clients la possibilité d’essayer la guitare avant de l’acheter. Ainsi pas de mauvaise surprise, ni pour le client , ni pour moi, pas de délais d’attente, et pour moi la liberté de créer à volonté en fonction de mes envies, de mon inspiration  et de mon stock de bois. Je déroge parfois à cette règle, lorsque le projet est intéressant et qu’il correspond mes évolutions personnelles et professionnelles. Etonnamment, alors qu’à mes débuts, je m’amusais à créer des guitares du style « jamais vu », cette liberté me rapproche des grands classiques sobres et discrets.

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Snake wood, Waverly tuners, engraved headstock logo

 

Cette nouvelle guitare n’échappe pas à la règle et je m’étais fixé comme exercice pour ce modèle de faire l’objet le plus épuré possible. Pourtant sous ses airs sobres, classiques et sages pour un oeil non exercé, cette Deep West recense les plus beaux bois de l’atelier, et particulièrement l’emploi de ce magnifique bois d’amourette mouchetée autour duquel toute la guitare s’est articulée.

Ce bois extraordinaire originaire d’Amérique du sud est d’une densité et d’une dureté hors du commun, à tel point qu’il tient son autre nom « bois de lettre » au fait qu’il fut utilisé par les jésuites comme matière première pour les caractères d’imprimerie, en lieu et place du plomb.  Et c’est aussi en raison de son incroyable couleur et ses effets moirés que  son nom le plus souvent utilisé est « Bois de Serpent », « snake wood » en anglais.

En traduisant « snake wood » par « bois DE serpent », on a tendance alors à le confondre avec le « Bois Serpent » de Guyanne, Ce sont bien deux espèces différentes, le notre étant  de la variété des magnolias alors que le bois serpent de Guyanne est de la variété des mimosacées. A travailler, ce bois est effectivement très dur et très lourd, il a tendance à faire des échardes très agressives mais il offre un poli supérieur à tous les autres bois durs et exotiques, y compris l’ébène. Il est d’une grande stabilité mais il faut dire aussi que ce spécimen est très vieux donc sec à son maximum. Voilà pour la partie botanique.

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 End trim strip + ebony strap button

Pour l’anecdote, je possède de quoi faire une guitare complète dans ce bois: fond en deux pièces symétriques et éclisses. Là c’était pour faire connaissance, mais je compte m’attaquer prochainement à la réalisation de cette prochaine guitare tout en amourette mouchetée. Reste à savoir si il y a des solutions pour cintrer une paire d’éclisse en amourette mouchetée! Je vais donc commencer par mettre une éclisse à épaisseur, la cintrer -ou du moins essayer- et si ça marche, je continue et finis la guitare. Si cela s’avère impossible, alors je garde le bois pour faire autre chose, filets, plaques de têtes, tables de guitares électriques peut-être, bref, il y aura toujours un destin musical qui attendra ce bois.

Deep West 
C’est le nom que je donne à mon modèle au format Dreadnought.

J’entretiens un drôle de rapport avec ce modèle de guitare: épaules carrées, pas de taille, hanches larges, forme ultra usitée, mille fois copiée , devenue standard de la guitare folk à cordes acier, elle ne correspond pas vraiment d’un point de vue fluidité des courbes à la cambrure féminine à laquelle on associe généralement l’instrument. Mais pour moi, sa sonorité complètement liée à sa forme a complètement occulté les réticences esthétiques que j’avais jusqu’au moment où j’ai fini par la trouver tout simplement belle, fluide dans ses formes et subtile dans ses détails, à la fois radicale et minimaliste, imposante et discrète.
Ce modèle de guitare s’est taillé la part du lion dans l’histoire de la musique américaine, folk, bluegrass  mais aussi country, rockn’roll et rockabilly, et c’est justement sur ce dernier style que j’ai voulu porter l’accent avec cet apport de bois moucheté et ses effet peau de panthère chers à l’iconographie particulière et très codifiée de ce style, associé aux non moins symboliques pin-up, jungle, tiki, creepers, costards et gomina, qu’ils évoquent inévitablement.

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 Snake wood bindings

D’un point de vue purement technique de construction, j’ai fait des choix qui marquent mes évolutions personnelles autour de ce modèle, évolutions techniques, esthétiques et sonores:

Par exemple, je me suis longtemps demandé comment procédait la compagnie Martin® pour que les manches soient en vernis satinés alors que les corps sont finis en vernis brillants. (Je parle pour leurs modèles traditionnels et historiques). J’imaginais mal les ouvriers en train de masquer un corps déjà vernis en cellulo brillant puis vernir le manche en cellulo mat ou réciproquement.

D’autre part, la compagnie Martin® et l’une des seules qui offre la possibilité des procéder au démontage d’un manche collé en cas de besoin afin de contrebalancer l’évolution quasi inéluctable du renversement de manche qui , associé au gonflement de la table, peut rendre au bout de quelques années le jeu un peu trop difficile et désagréable du fait que la hauteur que prennent les cordes par rapport au manche.

J’ai donc réalisé en voyant des photos d’usine que -aussi incroyable que ça puisse paraître- les manches et les caisses sont finis et vernis séparément PUIS assemblés et collés aux caisses via la queue d’aronde.

Je pense que cela complique largement le travail, et demande surtout une précision ultime, absolue, parfaite et irréprochable.  Mais cela offre la possibilité d’intervenir au bout de plusieurs années (comme on le fait sur les violons) pour redonner un sérieux coup de jeune à la guitare, alors que -justement- elle a acquis le meilleur de sa sonorité.

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Snakewood bindings/heel cap, Honduras Mahogany neck, two types of varnish

Recouvrir le manche d’un vernis satiné le rend plus agréable au toucher. Et tant qu’à pousser le bouchon de la perfection, j’en profite pour recouvrir le manche en vernis non pas cellulosique, mais polyuréthane bi-composant. Car le vernis cellulosique à deux fâcheuses tendances:

-d’une part le satiné devient très vite brillant au contact de la main qui le polit très rapidement, annulant ainsi son aspect et son toucher satiné,  et d’autre part beaucoup de guitaristes se plaignent de l’effet pelucheux et collant du vernis cellulosique lorsque la paume de la main devient moite. J’appose donc un fin film de vernis polyuréthane qui reste satiné, doux et soyeux quelques soient les conditions de jeux. Je suis bien sûr  persuadé que ce choix n’a aucune incidence sur le son, d’autant que je le passe en couche de finition ultra-fine.

Chacun de ces choix, chacune de ces décisions sont dictés par la volonté d’offrir un objet à la hauteur des attentes des plus exigeants. Chaque guitare de ma fabrication reprend ces cahiers des charges

Les manches de ma fabrication sont, à l’instar des guitares originales, réalisés d’une seule pièce en acajou du Honduras parfaitement sur quartier.

Ici pas de talon composé de multiples pièces empilées les unes sur les autres, pas de tête rapportée et collée , le manche est réalisé d’une seule et unique pièce, issue d’un bloc parfaitement sélectionné.

diamond-dart-shape-neckMécaniques Waverly, dart or diamond shape peghead, grand trad.

La table vient d’Italie, c’est un épicéa des Dolomites que j’ai rapporté de chez un revendeur spécialisé en bois de lutherie, et son histoire se trouve à cette page: https://lutheriepatriceblanc.wordpress.com/2014/04/30/la-gueule-du-bois-3/ sur ce même blog. Pour l’anecdote, le massif des Dolomites est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ainsi vous avez à peu près tous les éléments qui entrent en compte dans la fabrication d’une telle guitare, précieuse, soignée, choyée depuis la naissance de ses bois jusqu’à leur fusion en un objet sonore d’exception, unique et charismatique, pourvu d’une forte personnalité tant esthétique que sonore.

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 Deep West "Jungle Belle"pour finir l'année en beauté

Restauration d’une guitare classique de concert (2ème partie et fin)

Je reprends donc cet article là où il en était resté il y a quelques mois en arrière car le chantier est maintenant fini.
Au passage, je remercie tous les lecteurs qui suivent ce blog et leur demande de bien vouloir m’excuser s’il arrive que celui-ci reste inactif pendant plusieurs semaines consécutives, mais le quotidien de l’atelier, même s’il est fourni, ne nécessite pas systématiquement de faire l’objet de nouveaux articles.

Revenons à notre guitare classique du luthier Antonio Ruiz Lopez sur laquelle j’avais pu commencer à recoller la rosace lourdement déteriorée lors de l’accident. Une fois reconstituée « sur place » c’est à dire sur l’ancienne table en me servant au maximum des fibres environnantes comme autant de guides, (voir la première partie de l’article) j’ai fini par découper et isoler la rosace devenue plus « aisément » manipulable.
Ma nouvelle table de remplacement étant calibrée en épaisseur, j’avais préparé la saignée qui allait recevoir la rosace. Il faut imaginer que cette marquetterie vieille de  50 ans a évolué sur une table qui s’est logiquement déformée au fil des années, de par sa finesse et les tensions qu’elle subit, et je dois la faire pénétrer dans une entaille taillée en un cercle parfait. La fragilité de cette mosaïque de bois n’autorisant aucune manipulation excessive, c’est encore avec beaucoup de patience qu’il a fallu ajuster son incrustation. Et comme à chaque fois que l’on ré-incruste une pièce de bois ou de nacre ayant été déjà incrustée une première fois, la marge de manoeuvre est très fine, car l’affleurement final ne supporte plus aucun écart.
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l’ancienne rosace extraite de l’ancienne table et prête à être incrustée dans la nouvelle table.

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Rosace incrustée et affleurée.

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La bouche est ensuite ouverte.

Une fois ce travail accompli, j’ai fini de barrer la table, en sélectionnant toujours avec précision les épicéas composant le barrage, puis j’ai incrusté cette nouvelle table au centre des filets de bordure que j’avais pris soin de conserver.
Une des difficulté a été de faire ce travail sans aucun écart du fait de la finesse de cette filetterie dont les brins n’excédaient pas les 2/10 de mm en une alternance multiple de brins noirs et blanc. Autant dire que dès qu’un brin était effleuré, il disparaissait!

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La table est incrustée au centre des anciens filets de pourtour. Elle peut enfin être retirée du chantier. 

L’ensemble de la guitare a été décapé, nous avons profité du fait que la table était ôtée pour reprendre toutes les fractures, les réaligner, les renforces, les suturer,  les affleurer, recoller les barrages, nettoyer les anciennes réparations.  Le vernis au tampon -quand il en restait- avait fini par former un voile blanchâtre qui ne faisait pas honneur au palissandre de Rio, un très fin cellulo à parachevé le travail. 
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Les parties manquantes de la rosace ont été prélevées sur les parties cachées par la touche, elle à pu être reconstituée de manière extrêmement discrète.

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La guitare a été entièrement refrettée, elle est comme neuve.

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Enfin prête à repartir pour de nombreuses années de musique!

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… Et pour mémoire, ça c’est le jour où elle est arrivée à l’atelier.

Je remercie Jean-Claude pour sa confiance, sa patience et toute la latitude  qu’il m’a laissé autour de ce projet. Il nous aura fallu à tous une bonne dose d’audace pour nous lancer dans une telle entreprise mais son dernier mail montre qu’on à eu raison d’avoir confiance:

« ….Quelle magnifique réussite !
Ma Guitare est superbe , avec une intense et belle sonorité .
Merci encore á Toi , ton talent et ton imagination ont su vaincre   » l’ Inaccessible  » ……… « 
Merci également à mon ami Jean-Pierre Picard qui m’a dépanné de cette magnifique table en épicéa des dolomites, je n’imaginais pas une seconde lorsque nous avons fait notre approvisionnement en Italie que j’aurai besoin un jour d’une table classique en tout premier choix, concentré surtout sur le fait que j’avais besoin de tables pour mes acoustiques à cordes acier.

Dans le prochain article j’aurai l’occasion de vous faire un petit compte rendu d’une rencontre que j’ai faite avec un luthier aux réalisations étonnantes…
Je vous ferai découvrir également une nouvelle machine qui est récemment entrée à l’atelier et du coup,  un nouveau service que je propose!


Une pièce unique: Nouvelle Continental Arch-top en érable laminé.

Toute dernière création issue de l’atelier, cette guitare typée jazz / country / rock est réalisée selon des méthodes extrêmement peu répandues chez les artisans car elle nécessite des techniques, des moules, des équipements et un savoir faire peu commun.
Outre la technicité de la fabrication de ces voûtes, ces guitares présentent des difficultés de fabrication propres et qu’on ne rencontre sur aucun autre type de guitares: les placages de bois sont extrêmement fins -chaque couche fait 6/10 ème de millimètres-  cela implique que les ponçages doivent être extrêmement précis et limités, et qu’aucune bosse ou déformation ne peut-être récupérée au ponçage pour redresser les formes sous peine de créer une « perce » et tomber sur la couche inférieure.
Il faut donc tout au long de la construction veiller à ne créer aucune contrainte, aucun écrasement, toutes les pièces doivent s’ajuster avec précision. La filèterie aussi complexe soit-elle ne supportera aucun écart, sa pose doit être précise et elle doit finir par affleurer les pièces de bois en quelques coups de racloir.
Fabriquer ses propres voûtes permet également d’en contrôler leur galbe, d’y intégrer ou pas le pan coupé selon le style que l’on veut obtenir (pour ma part je ne l’intègre  pas dans ma voûte car  je trouve cela inélégant et comme ces guitares se revendiquent d’une inspiration « à la Gretsch » je me cale sur leurs choix historiques).
Leur épaisseur et le nombre de couches dont elles sont composées offrent ainsi une riche variété de sonorités. On peut également varier les essences, les finitions, et combiner plusieurs essences dans un même assemblage.

J’avais depuis longtemps en tête de fabriquer une telle guitare et précisément dans cette couleur. Évoquant le vert profond à l’anglaise, elle se devait donc dans mon esprit d’utiliser les matériaux les plus nobles et présenter un design qui ne laissait aucun doute sur la noblesse de sa conception:  Galuchat (peau de raie), mother of pearl (nacre), ébène, le tout recouvert d’un délicat vernis cellulosique sur un érable chiffonné pour en faire ressortir les ondes. Les pièces métalliques jouent une alternance chromé/ doré, la filèterie en celluloïd comporte de multiples brins tant sur les faces que sur les tranches et chaque partie de la guitare en est cernée. J’ai fabriqué les micros inspirés Filtertron®, le motif de tête est traité de manière très original pour une guitare puisqu’il est rehaussé de baguettes inox incrustées en relief.

Visite en images d’une guitare que vous ne verrez jamais dans les livres…

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Placage de tête en ébène, incrustée de nacre, corail rouge et inox, truss-rod cover en ébène sculpté, fileterie multiple en celluloïd, mécaniques Schaller « Grand Jazz », pavés de touche en mother of pearl.

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Ecusson en galuchat monté en insert dans le pick-guard, dômes de potentiomètres en ébène et inox

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Micros Boutique Patrice Blanc « Signatory Classic », contours de micros en ébène incrusté de baguettes en inox
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