Continental Grand Chief (dispo)

Laminated Maple Hollow-body arch-top guitar

C’est toujours un immense plaisir pour moi de présenter une nouvelle guitare, surtout si c’est une pièce qui ne ressemble en rien à mes précédente. Et Grand Chief ne cache pas ses origines, elle les revendique même.

Table / Fond / Eclisses : Erable US ondé laminé
Manche : érable américain 3 pièces, truss-rod double action
Touche : Palissandre indien Plaque de tête: palissandre/érable/acajou Repères de touche : nacre Incrustation « Grand Chief »: nacre (mother of pearl) / turquoise+pyrite Pickguard : Palissandre/ cuir de chevreau/ bindings celluloïd Contours de micro: composition de palissandre, acajou et érable
Mécaniques : Waverly, oval knobs
Micros : Signatory Classic, micros faits main Patrice Blanc  boutique.
Chevalet : Tonepro + Palissandre
Vibrato : Bigsby B7

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Continental Cosy Corner (vendue)

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Cette guitare monochromatique m’a été inspirée par les guitares que j’observais dans ma jeunesse sur le seul livre documentaire -une bible- qui existait à l’époque et que j’ai eu la chance de posséder: « Le grand livre de la guitare » de Tom et Mary Evans.

Ce livre fondateur était illustré de centaines de photos de guitares mais toutes en noir et blanc, qui ne me laissaient pas d’autre choix que de faire appel à mon imagination pour les coloriser. De plus certaines d’entre elles devaient mesurer 3 cm de haut et l’impression était si peu précise qu’aucun vernis ne semblait les recouvrir.
De ces observations, notamment au chapitre guitares jazz américaines, j’ai imaginé cette guitare, et je l’ai réalisée presque 40 ans plus tard. Aucune idée pourquoi j’ai attendu aussi longtemps. Peut-être parce que je n’y pensais plus, peut-être parce qu’elle n’était pas finalisée dans mon esprit et peut-être que d’un point de vue technique, je n’avais pas la maturité nécessaire pour arriver à un tel degré de sobriété.
… Comme entre temps j’ai appris pas mal de choses, genre fabriquer mes micros type P90 ou encore les patiner et patiner les pieces détachées d’une manière crédible, il se trouve qu’elle ne pouvait donc pas être prête avant.

Et puis il y a tout le reste, la fabrication des voûtes plaquées, les vernis satinées, la patine des acajous, ces petites incrustations tellement art-déco, le nouveau logo, les autres idées, je pense que plus tôt aurait été trop tôt.

Au final, je réalise que plus c’est simple, plus c’est sobre, plus c’est discret, plus c’est long et difficile à obtenir surtout lorsque cette pseudo-simplicité recèle des trésors de technicité.
Alors voilà donc une nouvelle petite guitare, pas clinquante, pas blingbling qui pourrait s’appeler « Eloge de l’ombre » en référence à un livre de l’écrivain japonais  Tanizaki dans lequel l’auteur défend une esthétique de la pénombre, du secret, de la réserve, du mystère en opposition au clinquant ostentatoire de l’esthétique occidentale.
Je ne l’ai pas équipée de potentiomètres de volume ou de tonalité, elle n’est présentée qu’avec un seul micro, mais nous discuterons avec son futur propriétaire des options possibles et des choix qu’il fera quant à ses équipements et les sonorités qu’il désire obtenir.

A propos de sonorités : je réalise que tout à ma contemplation, j’ai omis de parler de ce point essentiel: Les voûtes de table et de fond de ma fabrication reprennent les épaisseurs des premières guitares de ce genre fabriquées dans les années 60, et notamment celles des premières guitares Gretsch®. Ces guitares avaient toutes une table et un fond très fins et de ce fait produisaient un volume acoustique nettement plus important que les guitares actuelles. L’utilisation de l’acajou, si elle n’est pas commune sur ce genre d’instruments, renforce le côté acoustique de celui-ci et toute personne qui l’essaye est de prime abord surprise par sa puissance acoustique, son sustain et son expressivité. Ces qualités se retrouvent une fois branchée et nul doute qu’un bon guitariste saura trouver ses qualités et les adapter aux besoins de son jeu. D’autres modulations seront possible alors en fonction des choix de micros et des contrôles installés.
Pour rappel, les lettres des modèles « ES » de chez Gibson signifiaient « Electric Spanish » , indiquant par là le mariage sonore de ces séries à une époque ou les micros piezzo électro-acoustiques n’existaient pas.

Mais mieux que des mots, un passage à l’atelier vous donnera une idée plus précise des qualités de cette guitare unique et hors du commun.
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La gueule du bois

La plus belle pièce de bois que j’ai touchée dans ma vie est une des plus belle pièce que j’ai également vue. Comme souvent, c’est le hasard qui m’a fait tomber dessus, et c’est chez un vendeur de bois pas particulièrement orienté lutherie que je l’ai trouvée, et c’est peut-être ce qui m’a permis de l’acheter.
J’ai appris avec le temps que le bois c’est comme les champignons ou les palourdes: si t’as un coin, ben tu dis rien…
Donc on va dire que pour cette pièce, cela se passait dans les environs du quart sud-est de la France.
Je débarque un matin après pas mal d’heures de route, suivant une intuition que je tiens de je ne sais où.. Je commence à faire le tour du parc avec le chef de chantier et je remarque dans un coin une série de planches d’érable, et quand je dis une série c’est exactement le cas puisqu’il sagit d’un tronc débité en planches et qui se suivent parfaitement au point de garder la forme originelle… Ça semble bien tout ça, je négocie le prix, et j’embarque LA MOITIÉ du tronc…

Arrivé à l’atelier, j’observe ma trouvaille, règle, gabarits et craie en main, je commence à tracer des formes de guitares, contourner les défauts, les noeuds, les tâches.
et je remarque sur deux planche en vis à vis des indices qui me font dire qu’il y a des truc pas mal… je met un coup de rabot, et là je tombe de haut!

j’observe tous les plateaux un à un, mais aucun ne comporte ce que je vois dans ce coin. Je sors un gabarit et je trace deux demi guitares, juste de quoi faire un fond, un seul et encore, je n’ai pas droit à l’erreur…

Du coup voyant ça, et réalisant que je n’ai acheté que la moitié du tronc, je ne peux pas concevoir l’idée qu’il y a peut-être encore une partie identique ou presque qui m’attend à l’usine. Et me voilà reparti pour 6 heures de route, acheter le reste, et ramener le tout à l’atelier… sauf que… évidemment plus aucun dessin équivalent n’est apparu dans le reste des plateaux, des ondes oui, des moires aussi, mais un pommelage de cette beauté, rien. C’est pas grave, j’en ai fait une belle, une très belle guitare arch-top sculptée dans la masse à la manière des violoncelles, et en regardant bien, vous verrez que même les éclisses sont dans la continuité du bord du fond, et ça c’est la classe… j’ai hésité quelque temps à camoufler les deux petites taches sombres au milieu du dos, mais pour finir j’ai préferé les assumer, j’aurais même pu les virer avec photoshop, mais non… Un expert en bois m’a récemment raconté ce qu’étaient ces deux petites taches sombres: il s’agit de la réaction de l’arbre à une attaque d’insecte ou de champignon: à un moment, l’un ou l’autre à rencontré l’arbre, il a commencé à essayer de le coloniser, s’y installer, le parasiter. L’arbre à senti qu’il se passait une attaque, il a réagi en fabriquant des tanins mortels pour le parasite, il a créé une barrière de ce poison et à réussi à tuer son attaquant, au prix de ce petit grain de beauté inscrit à vie dans le bois… et dans la guitare qui contient maintenant ici le témoignage d’un acte de guerre.

Voilà, une petite histoire à tiroirs comme on en vit souvent dans la lutherie…
Bonnes vacances!

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