Fin de chantier pour notre Musima: le manche est enclavé et collé, solidement maintenu par sa nouvelle mortaise en queue d’aronde. J’en profite pour faire une digression étymologique: le terme aronde est le nom ancien de l’hirondelle , on voit donc de suite à quoi fait référence le terme queue d’aronde. D’un point de vue technique, cet assemblage est magnifique car il permet de par sa forme et avec un seul serre-joint d’exercer des pressions perpendiculaires à la pression du serre-joint: Plus on presse la mortaise entre la table et le fond, plus on la presse contre les éclisses.

Lors du dernier article, le manche était assemblé et les derniers ponçages étaient effectués, notamment au niveau du talon. Les autres ponçages peuvent être faits après le frettage, ce qui permet d’adoucir les bords de frettes au passage.

Vient ensuite le masquage de la touche et du reste du corps. Pour une fois, j’ai le manche d’origine -donc sa couleur- sous les yeux pendant que je teinte le nouveau manche tout neuf. Je peux atteindre la teinte à l’identique, en anticipant la légère différence qu’apportera le vernis brillant à cette teinte.

Vient ensuite le démasquage, les (encore!) finitions, dont les ponçages du vernis au papier fin à l’eau, et à la pâte à polir. Le vernis utilisé est bien sûr un vernis cellulosique pour respecter le reste de la guitare.

Je procède au remontage des mécaniques, à la pose du sillet, du micro monté sur le pickguard, des cordes et pour finir de l’ajustage du chevalet dont j’ai volontairement réduit la hauteur lors du calcul de renversement. Pour l’anecdote, en ouvrant le (très beau) capot en plastique crème du micro, nous avons pu constater qu’il manquait tout simplement un aimant sous la corde de Si ! Nous l’avons donc remplacé par un équivalent.

la guitare est,maintenant livrée, je laisse le mot de la fin à son propriétaire qui j’espère ne m’en voudra pas de dévoiler en publique son ressenti:

 » la guitare est magnifique, la jouabilité est au top et elle sonne terrible. J’ai pu la jouer dès lundi soir en répète, c’est le pied ! J’aime énormément la dynamique, en particulier sur les cordes aigües, qui permet de bien détacher les mélodies, même aux doigts et avec un groupe derrière. Je ne me suis jamais expliqué que les cordes puissent paraître plus ou moins stables sous les doigts d’une guitare à l’autre, à diapason et tirant égaux… mais là c’est parfait, inutile de monter en tirant. Le son est superbe, avec même un mordant étonnant pour un réglage au max de la tonalité. 

Je ne suis pas prêt de regretter mon investissement, j’aurais pu trouver une Gibson pour le même prix mais me voilà avec une guitare unique qui sonne tout aussi bien. Merci encore infiniment d’avoir accepté et mené aussi superbement ce travail ! « 

Et merci Quentin de m’avoir fait confiance!