Rions un peu (en attendant la fin du monde)

Excusez mon audace, je vais faire un petit pas de côté et sortir de mon rôle d’artisan le temps de commenter cette nouvelle nouvelle: VOTRE espace de stockage de photos sur instagram devrait à partir du 16 janvier devenir la propriété de Facebook Marc zuckerberg et actionnaires.
Et oui, votre pauvre petite photo avec ses effets à deux balles que vous aviez faite parceque ça faisait joli vaut des sous, mais pas pour vous, puisque vous allez donner vos droits d’auteur, vous ne saviez pas? Vu comme ça c’est pas bien grave, vous pourriez même trouver une sorte de reconnaissance au fait que c’est VOTRE photo qui a été choisie, mais lorsque vous verrez votre bouille sur les culs de bus, vous commencerez peut-être à penser. Et imaginez la scène si vous avez pris en photo votre petite amie, qui entre temps est devenue votre ex, que vous avez bricolé sa photo sur votre compte instagram et que c’est ELLE qui se retrouve sur les culs de bus, parce qu’il ne faut pas réver: Ça VA arriver!
On s’imagine facilement que les auteurs ont des droits, on oublie encore plus facilement qu’ils ont des devoirs.
Mieux encore, Imaginez que demain c’est Myspace et son boss et ses actionnaires qui décrètent que vous venez de faire don de tous les morceaux que vous avez posé sur votre espace, ah on rigole moins là les musiciens… et que non seulement ces morceaux ne vous appartiennent plus, mais qu’en plus vous n’avez pas le droit ni de les jouer ni de les enregistrer… sauf en payant bien sûr , ben oui tiens, ils ne vous appartiennent plus, par contre Myspace aura le droit de les vendre à un interprète, et touchera même des droit d’auteur à chaque diffusion.
Mieux: imaginez que vous dites à myspace, « heu M’sieur, c’est ma chanson ça, celle que j’ai créée avec mes petits instruments que j’ai acheté avec mes petits sous et que j’ai mis en ligne avec mon petit ordinateur que j’ai acheté avec ce qui me restait et que je connecte grâce à mon petit abonnement mensuel » et qu’en retour vous receviez la lettre d’un avocat… Mais là je m’égare dans la pure fiction…
Donc pour Myspace, c’est de la fiction, pour instagrame, c’est juste les informations.
Enfin moi… j’dis ça j’dis rien, mais vu que par extension ça sera le cas pour tout ce qui est exposé sur le web, alors vous comprenez que l’humanité se passera de ma contribution, au delà de ce que j’estime donnable, c’est à dire ce modeste blog…
Bonne fin du monde à tous et à toutes et à samedi!

Edit du 19/12/2/012:
Le boss d’instagram vient de faire passer ce matin un communiqué à la presse mondiale comme quoi: « MEUUUUHHH NON wa l’aut’ , y crois qu’on va lui voler ses droits d’auteur…  » ..
Bien tenté en tout cas, à la prochaine alors, on ferme une porte, mais surveillons les soupiraux.
En tout cas ça ne change toujours rien pour moi, vu que je ne montre toujours rien de mes réalisations et créations depuis bientôt cinq années de grève, et toujours au top en ce qui concerne ma petite entreprise…

avec vue sur le large…

Je dois être dans un des seuls atelier de lutherie au monde qui voit des bateaux de cette taille passer sous ses fenêtres! Après avoir ramé si longtemps c’est plutôt une bonne fin en soi, je ne connais pas encore la suite, mais là, je trouve que ça valait le coup de faire tout ça pour en arriver là!

20121212-221541.jpg

Quel rapport avec la lutherie?
Je n’en sais fichtre rien, mais c’est ici que je me voyais, ici même et avec tout ce qui va autour, certainement « par pur égocentrisme »…
Quand je dis ici même ce n’est pas CE batiment dans CETTE ville dans CETTE région, mais c’est ainsi que l’impulsion a été donnée, que tous les éléments se sont mis en place, que les rencontres se sont faites pour qu’au final le rève se concrétise ICI, Quai Wilson dans la ville de Nantes. Le plus étonnant dans cette aventure, c’est que derrière cette vision idylique de l’atelier de rêve, se tient tout un quartier entièrement dédié à la création, entièrement tourné vers la création porteuse, motrice, innovatrice, terreau d’idées et source d’emplois. Il fallait y croire!
C’est une bonne leçon de vie, je me dis que j’ai de la chance, et puis non, je me dis qu’il faut juste vouloir, avoir un bon sens de l’orientation et serrer les dents… patiemment…

Visite de l’atelier part 2

Suite de la visite, l’atelier recommence à être opérationnel après six mois -non pas d’interruption – puisque les réparations n’ont jamais cessé d’affluer, mais surtout pour la fabrication qui peut enfin redémarrer.

Comme je passe moi même beaucoup de temps à visiter les ateliers virtuels (pas ceux des luthiers, je n’ai plus rien à apprendre d’eux) et que je trouve toujours des bonnes idées à appliquer pour mon usage personnel, j’offre en échange quelques clichés du mien, dès fois que ça donne des idées aux futurs professionnels et aux nombreux amateurs, luthiers ou pas…

Une petite réalisation facile à concevoir et très utile pour jointoyer les tables et fonds des guitares acoustiques ou relever des calques, cette boite à lumière ne coûte pas grand chose à fabriquer et permet de voir exactement ou en est votre dressage des chants. Vous pouvez ajouter une baguette sur un des bords afin de mettre votre 1/2 table en appui. A l’interieur est disposé un néon de 50 cm qui à l’avantage de ne pas chauffer et de ne pas être aveuglant; la boite est refermée par une vitre en verre épais , entre la vitre et le néon mettre un calque ou une feuille de plastique translucide. Le néon est disposé à 20 cm du bord muni de la baguette d’appui, ce qui fait qu’il tombe sous le joint pour la plupart des plus grandes guitares (jumbo, dreadnought). Pour des guitares plus petites, mettre une bande de cp ou de medium.

20121212-224627.jpg

20121213-092340.jpg
au passage, un petit aperçu d’une belle table en épicéa « griffe d’ours », début d’une future réalisation…

==============================================================
Le ciel d’ébéniste est vraiment utile pour faire des collages, faites une recherche et vous en verrez des tonnes. A l’origine, Les ébenistes calaient des tiges au plafond de leur atelier et ça marche très bien. Pour les guitares, c’est un modèle réduit que l’on utilise, mais le problème c’est que la pression n’est pas vraiment réglable, ou alors il faut utiliser des cales, des baguettes de différentes longueur ou réglables, faire un système de réglage fastidieux du plafond, bref…

Pour ma part, j’utilise une vielle table de mortaiseuse qui, à défaut d’être fixée sur un combiné à bois, se retrouve fixée au mur et offre ainsi une amplitude de 15 bon centimètres du plus bas au plus haut, de quoi couvrir une bonne plage d’épaisseurs de collages différents avec le même jeu de tiges. Elle permet aussi de régler finement la pression générale et permet également de détendre les tiges avant de les ôter. En fonte massive, fixée sur un mur en parpaings, rien ne bouge!

20121212-225755.jpg
On voit également la table qui me sert de presse à joint, et les systèmes de pressage à vis moletées et inserts. Tout est fait maison bien sûr.

=====================================================================
Pour finir , cette trouvaille de vide grenier:
un pointeau à visée optique! une soixantaine d’euros en vrai, celui là ne m’a coûté que 5 euros, une aubaine, en plus sur un vide grenier le long du canal de la Martinière un dimanche matin, la belle vie!
Donc ce pointeau s’utilise ainsi: vous positionnez le corps en métal vaguement au dessus de là ou vous devez faire votre perçage, ensuite vous insérez le viseur optique qui fait loupe et centreur/viseur à fils croisés et vous faites coïncider votre marquage avec la croix du viseur. Une fois en place, vous ôtez le viseur, vous insérez le pointeau en acier et d’un petit coup sec vous faites une marque de guidage parfaitement au bon endroit. je vous dis pas la précision pour positionner les mécaniques, axes de vibrato, gabarits et tout le toutim! Sur l’exemple ci-dessous c’est mon nouveau système de compas pour Dremel que je suis en train de réaliser, afin de faire mes découpes de rosaces et incrustations de filets. C’est autant qui n’ira pas grossir le PIB des américains.

20121212-230839.jpg

20121212-230900.jpg

20121212-230915.jpg

Prochaine visite avec d’autres trouvailles de marchés aux puces!…

La dégradation des bindings Gretsch

20121120-225632.jpg

Cette magnifique Gretsch Viking date des années 64/65, elle aussi voit ses bindings tomber en poudre…

Un problème qui devient malheureusement de plus en plus récurrent et qui ne va pas aller en s’atténuant, c’est le vieillissement des bindings en celluloïd qui cernent les corps et manches des guitares Gretsch.

Cette « lèpre » une fois amorcée devient irrémédiable et l’opération qui consiterait à refaire à neuf une filetterie de Gretsch ancienne n’a que peu d’interêt en raison du coût final mais également par le fait que la guitare perdrait de toute manière de sa valeur collector. A moins éventuellement d’arriver à refaire des bindings sans refaire le vernis, opération tellement longue et donc coûteuse qu’il vaudrait définitivement mieux ranger une bonne fois pour toute cette guitare dans une vitrine ou la finir sur scène sans autre état d’âme.

20121206-224236.jpg

20121120-225712.jpg

Depuis que je vois passer ces Gretsch, je cherche à réparer des bindings manquants, par petites touches , juste histoire de préserver au mieux et fermer la porte aux départs de dégradations.

Toujours à l’affût de nouvelles techniques, j’ai pu constater que certaines résines pouvaient contre toute attente se mélanger pour donner un plastique brillant à partir de pâte teintable. C’est donc ce mélange que j’utilise pour combler les parties manquantes. Le résultat est très solide, brillant, et sa couleur suffisamment proche du binding original pour que la retouche soit acceptable.

20121206-205045.jpg</

20121206-205110.jpg

Voilà, quelques difficultés liées à ce produit: son temps de prise d’environ 15 secondes, autant dire qu’il faut faire de toutes petites quantités et les poser très très rapidement sans revenir dessus.
Viennent ensuite la « sculpture » de ces amalgames, leur polissage et un voile de vernis pour finir.

L’autre difficulté vient du fait que les filets changent de couleur en fonction de leur dégradation, il est possible de pousser la finition plus loin et plus parfaitement en reprenant ces nuances de couleur à l’aérographe, mais c’est aussi une question de budget final que seul le client détermine.

Coût de l’opération::
Forfait de 55 Euros
puis 15 euros par retouche (2 cm environ)
Plus selon niveau de restauration.

Edit du 31/12/2012:
J’ai eu récemment l’occasion d’observer une Gretsch fraîchement arrivée des USA et vendue là bas par un magasin très connu et spécialisé dans le vintage et la marque. Ses bindings avaient été entièrement refaits « à neuf » et vieillis artificiellement… Après avoir observé le boulot j’en conclus que
-1: Il y a des éclats sur le vernis tout autour de la guitare, ces éclats ont été recouverts de vernis teinté, ce n’est pas très discret.
-2: le veillissement artificiel des bindings n’est pas très naturel, un travail à l’aérographe eut été plus fin.
-3: j’en conclus que ma technique préserve mieux l’intégrité de la guitare, mais il fallait peut-être voir dans quel état étaient les filets de celle que j’ai observé. Quoiqu’il en soit, il y avait certainement moyen de faire mieux, mais à quel prix?