restauration Silvertone De Armond (part 1)

Cette belle petite Silvertone est arrivée à l’atelier il y a peu.
A la base, elle semble saine, en y regardant de plus près, on découvre quelques soucis qui vont la faire passer de la catégorie réparation à la catégorie restauration.

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Pas mal de travail en perspective, la touche à une sale forme en « s » mais difficile de dire si c’est un défaut du manche ou simplement le fait qu’elle est décollée jusqu’à la case 8

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En soulevant légèrement, je vois vite qu’elle ne demande qu’à se décoller complètement, la colle est cristallisée; recoller seulement la partie soulevée ne servirait à rien, car la suite se décollera à la moindre occasion.

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Alors autant finir le décollement, nettoyer et planifier les surfaces de collage. Le travail est plus compliqué mais c’est la seule façon d’assurer une tenue dans le temps

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Les micros: Rowe DeArmond Silver Foil « 26 oct 1962 », c’est son anniversaire cette semaine dis donc, faudra y penser, 1/2 siècle quand même… excellents micros, du moins pour celui qui fonctionne encore, car le micro neck a tous les symptôme d’un micro dont la bobine serait coupée. La lecture du testeur le confirme.

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Je commence par ouvrir le capot, seulement il est riveté et j’aimerais garder les rivets d’origine. Il faut donc les affaiblir sans les raccourcir, ce qui sera fait à la perceuse en s’arrêtant juste à la dernière limite. Capot ouvert, deuxième surprise à laquelle je m’attendais: le fil de cuivre n’est ni standard, ni courant, je me met donc en quête immédiatement de ce fil car il va y avoir des délais d’approvisionnement…

à suivre,donc…

Une nouvelle création quitte l’atelier

Créée il y a deux ans, cette belle folk au format dreadnought attendait sagement dans son étui qu’un client insiste un peu pour l’essayer. Bruno alias « Jerry » fut celui-ci et il ne put retenir son coup de coeur même devant sa vieille Martin D28 qui dignement s’inclina.

Beaucoup de particularités signent cette guitare qui, par un jeu de lignes audacieuses, modernes et incroyablement intègrées aux courbes de ce grand classique pourtant des millions de fois décliné, va chercher un sang neuf dans les sphères créatives du design pour s’élever vers un esprit néo-trad.

Les repères usuels sont ici emportés dans des mouvements dynamiques, souples, et tendus à la fois, et comme souvent lorsque je fais des propositions de dessins, l’originalité devient évidence.
(edit du 16/10/2012): Lorsque je parle de « repères usuels » je ne parle pas des repères de touche, -(j’en vois qui cherchent maintenant à « repères de touche patrice blanc :))- mais des grandes lignes qui nous permettent de cataloguer un objet par date, auteur, style, historique, famille…)

Côté moteur, la table est en épicéa des alpes, arbre que j’ai moi-même choisi alors qu’il venait d’être abattu, et que j’ai fait débiter selon les règles et sécher de manière naturelle dans des séchoirs à noix du dauphiné. C’est la première guitare que je fabrique avec ce bois, et plus aucun doute: Il sonne!
La touche et le chevalet sont en buis, notre « ébène local ». Celui-ci est de taille suffisamment respectable pour en sortir une touche ce qui en soit est déjà remarquable. S’ajoute à ceci un chevalet au profil innovant mais dont je ne dévoilerai pas les photos car cette petite invention à vocation acoustique est en cours de dépôt et de négociation avec des sphères industrielles pour lesquelles je fournis déjà des designs.

On retrouve la belle fileterie turquoise qui caractérise mes création depuis mes débuts, cette teinte étant préparée à l’atelier et les filets d’érable sont immergés pendant plusieurs semaines jusqu’à obtention de la profondeur désirée. Si vous avez déjà vu des filets de bois teintés de manière industrielle, vous comprendrez ce que j’entend par « fade ».

La tête plaquée d’une matière inédite et soulignée d’un liseré chromé joue sur un premier contraste de matières antithétiques avant d’être à nouveau discrètement réunies par un ton-sur-ton boisé et animal. Ces effets de style loin d’être le résultat du hasard sont mon terrain de jeu favori, les années d’observation et d’expérimentation me permettant maintenant de jongler avec les matières et les formes avec une aisance qui vient là encore flirter avec les évidences.

Pour ce qui est de montrer les photos de mes guitares je suis toujours en grève et en manifestation et ce n’est pas prêt de changer. Dommage pour les amoureux de belles guitares.

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Rendez-vous au VIP à Saint-Nazaire

C’est toujours un plaisir d’être accueilli par l’équipe du VIP de St-Nazaire et c’est toujours un plaisir que de venir respirer l’ambiance de la ville-port, ses cargos, ses chantiers et ses cales démesurés.

Samedi 27 octobre, je serai donc au VIP pour animer un atelier dans lequel on essaiera d’écouter sans préjugés… Chacun vient avec sa basse, si possible avec des cordes pas trop rincées voir carrément neuves pour l’occasion, et on discute de ce qu’on entend, et on essaye de s’affranchir des préjugés, je vous apporte mon expérience pour vous dire la nature des bois de l’instrument qu’on écoute, ses caractéristiques techniques, et on essaye ensemble de déterminer qui fait quoi… Peut-être un bon moyen et une bonne occasion de se faire une opinion personnelle et unique, fondée sur une expérience et non pas sur des affirmations vaguement véhiculées à travers des forums et amplifiées par la rumeur. Mon rôle se limitera à préciser les caractéristiques techniques (bois, types de cordes, type d’électronique, types de micros, types d’assemblages etc etc…) et en aucun cas d’orienter les opinions.

Attention, nombre de places limitées, contactez le VIP 02-40-22-43-05

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cablage d’une demi-caisse type 335

Une bonne source de galère, c’est le fameux cablage des guitares de type 335 Gibson ou autres.
La principale difficulté vient du fait qu’il faut passer les composants par les ouïes une fois ceux-ci cablés…

Dans le cas présent, j’ai affaire à une Epiphone dont les micros ont été remplacés par un set de Bare Knuckle par l’ancien propriétaire. Le nouveau désire achever le travail et me demande de le compléter par un cablage de qualité avec des composants eux-même de qualité.
Je prépare donc un set de potards CTS aux bonnes valeurs, un selecteur contact gold japonais mais que je préfère au Switchcraft, un Jack Switchcraft, et le cable très haut de gamme qui va relier l’ensemble. Ce cable à une tresse métallique extrèmement dense et son âme conductrice est gainée de deux couches de tissu. Pour finir la liste, les tonalités seront produites par deux bon gros condos orange drop aux bonnes valeurs.

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Deux heures trente plus tard, tout est rentré dans l’ordre, c’est le cas de dire…
Au passage comme disent les ricains, petite vue du « right tool » qui « do the right job », la toggle switch wrench dont l’utilité n’est plus à prouver pour serrer proprement et fermement le boulon cranté du sélecteur. Ces outils spécialisés viennent des USA pour la plupart, pour le reste, les outils habituels font l’affaire, mais c’est comme pour tous les domaines: seule l’expérience sait se servir des bon outils.
Au passage, on remarquera que les rondelles des potards ont été remplacées par un set de rondelles à flèches, petit détail qui finit bien l’action…

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coût de l’opération:
-Main d’oeuvre: 140,00 € TTC
-pièces: 56,50 € TTC

(Pour les professionnels, tva 19,6% récupérable)

Edit du 10/10/2012:
J’ai demandé à mon client de me faire si possible un retour quant à l’efficacité de la modification et du bien fondé de l’investissement. Juste histoire de savoir si on se prend la tête pour rien ou si le changement de composants à un réel impact sur le son. Personnellement, si je devais équiper une guitare pour moi et si j’avais le choix, (et que cela ne me coûte que du temps et un peu de materiel) alors évidemment je mettrais ces composants, intuitivement, instinctivement et en observant la qualité de construction cela semble évident. Verdict de mon client: plus de définition, son moins baveux, meilleur qualité des aigües. Alors qu’il n’utilisait que le micro grave (il joue un jazz très clean) il vient de trouver le son en utilisant la combinaison micro grave+micro aigu (position centrale du selecteur) qui s’est complètement révélée suite à la modif.
En conclusion, Il est donc tout à fait heureux de son investissement.