Mécaniques Waverly

 

L’atelier est désormais en mesure de fournir au meilleur prix les fabuleuses mécaniques WAVERLY, certainement parmi les meilleures au monde.
Ces mécaniques « open back » sont d’une douceur et d’une précision incomparable. Construites dans les meilleurs matériaux, vis sans fin en acier inoxydable en contact avec un engrenage en bronze pour un coefficient de friction réduit à son minimum, nickelages et dorures épais et durables, faible poids, look rétro, elles mettront en valeur votre guitare, l’accorder devient un véritable plaisir, la sensation sous les doigts est perceptible et inoubliable!
Utilisées par les meilleurs luthiers américains et firmes industrielles pour leur haut de gamme (Collings, Martin, Santa Cruz, Gibson etc. ) et tous nos modèles folks et arch-top à partir de 3500 €.

A partir de 160,00 € prix public TTC le jeu finition nickel, 197,00 € en finition dorée. Elles existent en version gravée main /dorée à 390,00 € public TTC. Existent en différentes formes de bouton, différentes matières (métal, bois (amourette moucheté, ébène) écaille, ivoiroïd) nickelé, doré ou patinées.

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Et pour les restaurations de belles guitares anciennes, nous vous proposons les mécaniques américaines reliquées « Golden Age » à partir de 48 Euros. Ces mécaniques n’ont certes pas les qualités des Waverly, mais leur finitions vous permettrons de restaurer avec goût et sans les dénaturer vos anciennes guitares moins coûteuses de type Harmony, Key, ou autres silvertone.

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Deep West « Jungle Belle »

Il y a une dizaine d’année en arrière, j’ai décidé de ne plus faire que des guitares une à une, à la pièce, au rythme d’une dizaine  par an, en excluant quasiment toutes les commandes pour laisser à mes clients la possibilité d’essayer la guitare avant de l’acheter. Ainsi pas de mauvaise surprise, ni pour le client , ni pour moi, pas de délais d’attente, et pour moi la liberté de créer à volonté en fonction de mes envies, de mon inspiration  et de mon stock de bois. Je déroge parfois à cette règle, lorsque le projet est intéressant et qu’il correspond mes évolutions personnelles et professionnelles. Etonnamment, alors qu’à mes débuts, je m’amusais à créer des guitares du style « jamais vu », cette liberté me rapproche des grands classiques sobres et discrets.

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Snake wood, Waverly tuners, engraved headstock logo

 

Cette nouvelle guitare n’échappe pas à la règle et je m’étais fixé comme exercice pour ce modèle de faire l’objet le plus épuré possible. Pourtant sous ses airs sobres, classiques et sages pour un oeil non exercé, cette Deep West recense les plus beaux bois de l’atelier, et particulièrement l’emploi de ce magnifique bois d’amourette mouchetée autour duquel toute la guitare s’est articulée.

Ce bois extraordinaire originaire d’Amérique du sud est d’une densité et d’une dureté hors du commun, à tel point qu’il tient son autre nom « bois de lettre » au fait qu’il fut utilisé par les jésuites comme matière première pour les caractères d’imprimerie, en lieu et place du plomb.  Et c’est aussi en raison de son incroyable couleur et ses effets moirés que  son nom le plus souvent utilisé est « Bois de Serpent », « snake wood » en anglais.

En traduisant « snake wood » par « bois DE serpent », on a tendance alors à le confondre avec le « Bois Serpent » de Guyanne, Ce sont bien deux espèces différentes, le notre étant  de la variété des magnolias alors que le bois serpent de Guyanne est de la variété des mimosacées. A travailler, ce bois est effectivement très dur et très lourd, il a tendance à faire des échardes très agressives mais il offre un poli supérieur à tous les autres bois durs et exotiques, y compris l’ébène. Il est d’une grande stabilité mais il faut dire aussi que ce spécimen est très vieux donc sec à son maximum. Voilà pour la partie botanique.

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 End trim strip + ebony strap button

Pour l’anecdote, je possède de quoi faire une guitare complète dans ce bois: fond en deux pièces symétriques et éclisses. Là c’était pour faire connaissance, mais je compte m’attaquer prochainement à la réalisation de cette prochaine guitare tout en amourette mouchetée. Reste à savoir si il y a des solutions pour cintrer une paire d’éclisse en amourette mouchetée! Je vais donc commencer par mettre une éclisse à épaisseur, la cintrer -ou du moins essayer- et si ça marche, je continue et finis la guitare. Si cela s’avère impossible, alors je garde le bois pour faire autre chose, filets, plaques de têtes, tables de guitares électriques peut-être, bref, il y aura toujours un destin musical qui attendra ce bois.

Deep West 
C’est le nom que je donne à mon modèle au format Dreadnought.

J’entretiens un drôle de rapport avec ce modèle de guitare: épaules carrées, pas de taille, hanches larges, forme ultra usitée, mille fois copiée , devenue standard de la guitare folk à cordes acier, elle ne correspond pas vraiment d’un point de vue fluidité des courbes à la cambrure féminine à laquelle on associe généralement l’instrument. Mais pour moi, sa sonorité complètement liée à sa forme a complètement occulté les réticences esthétiques que j’avais jusqu’au moment où j’ai fini par la trouver tout simplement belle, fluide dans ses formes et subtile dans ses détails, à la fois radicale et minimaliste, imposante et discrète.
Ce modèle de guitare s’est taillé la part du lion dans l’histoire de la musique américaine, folk, bluegrass  mais aussi country, rockn’roll et rockabilly, et c’est justement sur ce dernier style que j’ai voulu porter l’accent avec cet apport de bois moucheté et ses effet peau de panthère chers à l’iconographie particulière et très codifiée de ce style, associé aux non moins symboliques pin-up, jungle, tiki, creepers, costards et gomina, qu’ils évoquent inévitablement.

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 Snake wood bindings

D’un point de vue purement technique de construction, j’ai fait des choix qui marquent mes évolutions personnelles autour de ce modèle, évolutions techniques, esthétiques et sonores:

Par exemple, je me suis longtemps demandé comment procédait la compagnie Martin® pour que les manches soient en vernis satinés alors que les corps sont finis en vernis brillants. (Je parle pour leurs modèles traditionnels et historiques). J’imaginais mal les ouvriers en train de masquer un corps déjà vernis en cellulo brillant puis vernir le manche en cellulo mat ou réciproquement.

D’autre part, la compagnie Martin® et l’une des seules qui offre la possibilité des procéder au démontage d’un manche collé en cas de besoin afin de contrebalancer l’évolution quasi inéluctable du renversement de manche qui , associé au gonflement de la table, peut rendre au bout de quelques années le jeu un peu trop difficile et désagréable du fait que la hauteur que prennent les cordes par rapport au manche.

J’ai donc réalisé en voyant des photos d’usine que -aussi incroyable que ça puisse paraître- les manches et les caisses sont finis et vernis séparément PUIS assemblés et collés aux caisses via la queue d’aronde.

Je pense que cela complique largement le travail, et demande surtout une précision ultime, absolue, parfaite et irréprochable.  Mais cela offre la possibilité d’intervenir au bout de plusieurs années (comme on le fait sur les violons) pour redonner un sérieux coup de jeune à la guitare, alors que -justement- elle a acquis le meilleur de sa sonorité.

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Snakewood bindings/heel cap, Honduras Mahogany neck, two types of varnish

Recouvrir le manche d’un vernis satiné le rend plus agréable au toucher. Et tant qu’à pousser le bouchon de la perfection, j’en profite pour recouvrir le manche en vernis non pas cellulosique, mais polyuréthane bi-composant. Car le vernis cellulosique à deux fâcheuses tendances:

-d’une part le satiné devient très vite brillant au contact de la main qui le polit très rapidement, annulant ainsi son aspect et son toucher satiné,  et d’autre part beaucoup de guitaristes se plaignent de l’effet pelucheux et collant du vernis cellulosique lorsque la paume de la main devient moite. J’appose donc un fin film de vernis polyuréthane qui reste satiné, doux et soyeux quelques soient les conditions de jeux. Je suis bien sûr  persuadé que ce choix n’a aucune incidence sur le son, d’autant que je le passe en couche de finition ultra-fine.

Chacun de ces choix, chacune de ces décisions sont dictés par la volonté d’offrir un objet à la hauteur des attentes des plus exigeants. Chaque guitare de ma fabrication reprend ces cahiers des charges

Les manches de ma fabrication sont, à l’instar des guitares originales, réalisés d’une seule pièce en acajou du Honduras parfaitement sur quartier.

Ici pas de talon composé de multiples pièces empilées les unes sur les autres, pas de tête rapportée et collée , le manche est réalisé d’une seule et unique pièce, issue d’un bloc parfaitement sélectionné.

diamond-dart-shape-neckMécaniques Waverly, dart or diamond shape peghead, grand trad.

La table vient d’Italie, c’est un épicéa des Dolomites que j’ai rapporté de chez un revendeur spécialisé en bois de lutherie, et son histoire se trouve à cette page: https://lutheriepatriceblanc.wordpress.com/2014/04/30/la-gueule-du-bois-3/ sur ce même blog. Pour l’anecdote, le massif des Dolomites est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ainsi vous avez à peu près tous les éléments qui entrent en compte dans la fabrication d’une telle guitare, précieuse, soignée, choyée depuis la naissance de ses bois jusqu’à leur fusion en un objet sonore d’exception, unique et charismatique, pourvu d’une forte personnalité tant esthétique que sonore.

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 Deep West "Jungle Belle"pour finir l'année en beauté

Continental Cosy Corner 

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Cette guitare monochromatique m’a été inspirée par les guitares que j’observais dans ma jeunesse sur le seul livre documentaire -une bible- qui existait à l’époque et que j’ai eu la chance de posséder: « Le grand livre de la guitare » de Tom et Mary Evans.

Ce livre fondateur était illustré de centaines de photos de guitares mais toutes en noir et blanc, qui ne me laissaient pas d’autre choix que de faire appel à mon imagination pour les coloriser. De plus certaines d’entre elles devaient mesurer 3 cm de haut et l’impression était si peu précise qu’aucun vernis ne semblait les recouvrir.
De ces observations, notamment au chapitre guitares jazz américaines, j’ai imaginé cette guitare, et je l’ai réalisée presque 40 ans plus tard. Aucune idée pourquoi j’ai attendu aussi longtemps. Peut-être parce que je n’y pensais plus, peut-être parce qu’elle n’était pas finalisée dans mon esprit et peut-être que d’un point de vue technique, je n’avais pas la maturité nécessaire pour arriver à un tel degré de sobriété.
… Comme entre temps j’ai appris pas mal de choses, genre fabriquer mes micros type P90 ou encore les patiner et patiner les pieces détachées d’une manière crédible, il se trouve qu’elle ne pouvait donc pas être prête avant.

Et puis il y a tout le reste, la fabrication des voûtes plaquées, les vernis satinées, la patine des acajous, ces petites incrustations tellement art-déco, le nouveau logo, les autres idées, je pense que plus tôt aurait été trop tôt.

Au final, je réalise que plus c’est simple, plus c’est sobre, plus c’est discret, plus c’est long et difficile à obtenir surtout lorsque cette pseudo-simplicité recèle des trésors de technicité.
Alors voilà donc une nouvelle petite guitare, pas clinquante, pas blingbling qui pourrait s’appeler « Eloge de l’ombre » en référence à un livre de l’écrivain japonais  Tanizaki dans lequel l’auteur défend une esthétique de la pénombre, du secret, de la réserve, du mystère en opposition au clinquant ostentatoire de l’esthétique occidentale.
Je ne l’ai pas équipée de potentiomètres de volume ou de tonalité, elle n’est présentée qu’avec un seul micro, mais nous discuterons avec son futur propriétaire des options possibles et des choix qu’il fera quant à ses équipements et les sonorités qu’il désire obtenir.

A propos de sonorités : je réalise que tout à ma contemplation, j’ai omis de parler de ce point essentiel: Les voûtes de table et de fond de ma fabrication reprennent les épaisseurs des premières guitares de ce genre fabriquées dans les années 60, et notamment celles des premières guitares Gretsch®. Ces guitares avaient toutes une table et un fond très fins et de ce fait produisaient un volume acoustique nettement plus important que les guitares actuelles. L’utilisation de l’acajou, si elle n’est pas commune sur ce genre d’instruments, renforce le côté acoustique de celui-ci et toute personne qui l’essaye est de prime abord surprise par sa puissance acoustique, son sustain et son expressivité. Ces qualités se retrouvent une fois branchée et nul doute qu’un bon guitariste saura trouver ses qualités et les adapter aux besoins de son jeu. D’autres modulations seront possible alors en fonction des choix de micros et des contrôles installés.
Pour rappel, les lettres des modèles « ES » de chez Gibson signifiaient « Electric Spanish » , indiquant par là le mariage sonore de ces séries à une époque ou les micros piezzo électro-acoustiques n’existaient pas.

Mais mieux que des mots, un passage à l’atelier vous donnera une idée plus précise des qualités de cette guitare unique et hors du commun.
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Les news de la rentrée 2016

Ces derniers mois ont été consacrés — entre autre — à préparer l’arrivée de notre nouvel apprenti, rôder le passage aux 35 heures de Hervé qui travaille à l’atelier depuis maintenant 3 ans et bien sûr gérer le quotidien entre nos clients, nos commandes, nos projets, nos envies, nos nouveaux moules et modèles.
Tout cela à fini par se mettre sur rails et nos délais qui avaient dépassé à mon grand regret la barre des 1 mois d’attente avant prise en charge des instruments, sont maintenant repassés à une quinzaine de jours.
Ce sont donc maintenant pas moins de 3 personnes qui entourent votre guitare dès son arrivée à l’atelier:
-Théo l’apprenti démonte les cordes et effectue les procédures de nettoyages et contrôles pour lesquels il a été formé.
-Hervé s’occupe lui des contrôles du travail de Théo et des réglages à proprement parler.
-Pour ma part, je consacre le jeudi à reprendre chaque guitare une à une pour vérifier que tout à bien été exécuté, je teste les électroniques et fais sonner toutes les notes pour au final, mettre mon grain de sel, notamment sur les réglages d’harmoniques (uniquement à l’oreille alors que Hervé les a approchées à l’accordeur) ou sur les sillets de têtes et parfois les hauteurs.
Et ça ce n’est que pour les réglages. Viennent ensuite les refrettages, les réparations, les opérations de vernis, les ponçages, les fabrications etc.

L’ambiance est bonne, studieuse et concentrée, et on va faire en sorte que ça tienne ainsi.

Sinon, cet été, nous avons les honneurs de la presse britannique dans la prestigieuse revue ICON Lifestyle • Architecture • Design.
L’occasion pour moi de présenter Hervé:

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Ah oui et j’ai aussi  une grande nouvelle à annoncer:

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Nous avons commencé à travailler sur ce nouveau site « responsive » en janvier 2016 sa mise en ligne est maintenant proche. J’ai toujours eu à coeur de gérer mes propres site, et aussi de les créer. Mais les nouvelles normes responsives ont eu raison de ma patience et grâce à cela j’ai pu confier le travail à un vrai bon graphiste professionnel: François Gaillard, que je connais depuis l’époque de Grenoble, il est issu du collectif Brest Brest Brest. Mon ami Thyl également co-fondateur du même studio à réalisé le nouveau logo que l’on retrouve désormais sur nos guitares, mais également sur les micros de notre fabrications.
Pour ma part, j’ai gardé la gestion des contenus et des photos…

Mais ne dévoilons pas tout tout de suite,
rendez-vous le 4 novembre! 

 

On relève les manches (Fender)

Deux basses nous arrivent de Paris, après avoir vécu quelques aventures dans divers ateliers. Leur propriétaire est Noel Assolo, bassiste depuis toujours des Rita Mitsouko et depuis plus récemment de Catherine Ringer seule qui reprend la route et la tournée des scènes.

On se connait depuis pas mal d’années avec Noel, il a longtemps joué sur une de mes basses « Série B »  que ce soit avec les Rita Mitsouko ou pour des sessions de studio avec divers musiciens tant de la scène variété que de la scène Rap.

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Noel Assolo et sa Serie B de 1998

Quand il m’a fait apporter ces deux basses, j’ai mis un sacré moment à comprendre que j’étais en face de deux cas d’école et que je n’allais pas m’en tirer en me contentant de dire « c’est pas possible »,  d’autant que Noel m’a dit on ne peut plus clairement que j’étais LE SEUL  à pouvoir régler des problèmes de ce genre et que c’est pour cette raison que ces deux basses se retrouvaient dans mon atelier. Je ne sais pas d’où il tient ça, mais une telle marque de confiance m’interdisait d’office de ne pas trouver de solution à ces deux cas d’école et comme en plus c’est flatteur, je ne vais pas bouder mon plaisir.

Etat des lieux:

-La Jazz-Bass a été défrettée, les entailles de frettes ont été rebouchée avec du celluloïd  noir  sur tranche et le tout recouvert d’un épais vernis polyester. Bon quelque part ça a été plutôt bien fait, par un vrai pro je pense, (j’ai appris par Noel entre-temps que ça avait été fait chez Jaccobacci à Paris, donc oui, par un pro!) mais le problème c’est que ça a été tellement bien fait qu’il est maintenant impossible de revenir en arrière pour la repasser en basse frettée,  impossible d’ôter les filets pour refretter, impossible de passer une scie dans les anciennes entailles à cause du vernis, de la matière de remplissage trop dure, et des bindings extérieurs qu’on n’a pas le droit de couper. Rien que ça .

..

Elle est restée DES MOIS dans un coin en attendant que j’ai une idée… Et en attendant que Noel m’annonce la dead line du départ en tournée.

Le problème c’est que je ne voulais pas faire sauter les bindings extérieurs car d’une part ça fait plein d’éclats de bois et sur un manche maple on ne voit que ça même réparé, et puis il est IMPOSSIBLE de nettoyer l’ancienne colle afin de remettre tout ça au propre et au carré avant de poser de nouveaux filets (les anciens sont irrécupérables car ils se rétractent dès qu’ils sont déposés, puis ils se cassent et se déforment, bref j’aurais dû repartir à zéro et finir par un rendu trop moche.)

au final, j’ai décidé que je couperai les bindings exterieurs à mi-hauteur, juste pour pouvoir passer la scie qui dégagera l’entaille qui recevra à nouveau des frettes. le 1/2 binding manquant supérieur sera plus facile à ressouder en faisant fondre avec les produits chimiques adaptés les deux parties de plastique à faire jointer mais dès maintenant je sais qu’il y aura une ligne de démarcation et deux teintes différentes car j’ai beau collectionner les divers plastiques autant que je collectionne les pièces de bois il sera impossible de retomber sur la même teinte.

Par contre pour que la jointure soit parfaite, il faut que le découpe soit parfaite, c’est pour cela que j’ai pris beaucoup de temps à penser à un montage me permettant de poser en toute stabilité une fraiseuse (F) dont le guide s’appuiera sur la partie inférieure du binding parfaitement verticale (G1) (alors que si j’avais ôté complètement le binding , mon guide aurait dû trouver appui sur la partie fuyante de l’arrondi du manche qui -de plus- évolue dans son profil entre la première et la dernière case)  (G2)… La stabilité de la machine étant  grandement compromise à cause du radius de la touche (R), il m’a fallu également trouver une solution pour pouvoir la poser sur une surface stable et bien perpendiculaire au binding. (A & A’)

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Sur cette photo, on voit bien le vernis épais et les repères d’origine bouchés avec du plastique noir, ainsi que les bindings encore intacts.


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Les bindings sont maintenant entaillés. On voit que leur hauteur varie tout au long du manche, c’est aussi une des raison qui justifie de mon choix. Les dots ont sauté, c’était prévu.

 

 

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On voit ici le nouveau 1/2 binding recollé et la légère différence de teinte, et ce qu’il reste d’un des dots de touche. 

 

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Comme les dots sont en pouces et non pas en millimètres, on ne peut pas en trouver des « tout fait » à la bonne taille. Il faut donc les préparer un à un au bon diamètre et les incruster à nouveau dans le binding.
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Voilà la photo qui triche le moins: les dots sont incrustés et on voit bien la délimitation du nouveau 1/2 binding soudé sur le premier. Moi ça me va. 

Bon, je me doutais bien qu’il faudrait au final accepter la jointure de ces deux bindings, car il me semblait impossible que ce soit invisible… mais  comme me disait un jour un luthier avant de mourir:  » c’est bien aussi de laisser des indices d’une belle réparation »
au final, avec une teinte ambrée chifonnée pour donner une patine ancienne je pense que la réparation est juste ce qu’il faut visible et discrète a la fois. Mais qu’est ce que j’aime ce métier qui consiste à inventer en permanence jour et nuit , relever ces challenge en ayant le plaisir de rendre service à quelqu’un qui y tient!
Basse n°2 : La Précision:
là encore y’a du lourd: manche creux, truss rod serré à fond , début de gonflement et de fente du bout de touche vers la 18 eme case, du coup les cordes sont hautes et elles frisent en fin de touche… Un indice: les cordes de LA et RE ont tendance à hauteur égale à friser plus que les MI et SOL, ce qui me fait penser qu’il y a un gonflement au centre , sur la fin de la touche, et donc qu’on peut suspecter le boulon de truss-rod de faire gonfler le bois à cet endroit précis à force de serrages successifs et désespérés.

Il n’y a pas d’autre solution que de dégager le palissandre sous la première case afin de tomber sur l’ancrage du truss rod et bloquer au mieux celui çi pour qu’il arrête d’avancer au fur et à mesure qu’on serre le boulon…. Mais ça fait mal au ventre d’attaquer une touche qui est quand même assez belle, et surtout lorsqu’on voit les résultats finaux chopés sur le web … Je me decide à le faire et puis de toutes façons il n’y a pas le choix autrement la basse est morte. A la différence de ce que je vois sur le web, je choisis de faire une saignée qui va du sillet à la première frette, ainsi je ne coupe pas la fibre dans le sens transversal car il est impossible de masquer et je ne fais que deux coupes au lieu de 4, et dans le sens de le veine, ce qui rend le travail on ne peut plus discret.

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On voit sur le manche de gauche qui n’a plus sa touche ou se situe l’ancrage du truss-rod. Je suppose donc qu’il est au même endroit sous la touche du manche de droite.


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Et bim, le voilà!

Ah oui , Noël n’est pas très chaud pour refaire une touche completement car il adore le son exceptionnel de cette basse et qu’il à peur que ça le change si on change toute la touche. Bon, on ouvre on verra bien après. Rapidement je constate que l’ancrage est assez bon mais qu’en repoussant le truss rod j’arrive à gagner quelques mm de filetage à l’arrivée coté boulon. Maintenant que j’ai pu gagner ces précieux mm et que je sais que ça tient bien de ce côté. Hervé qui m’assiste sur ce travail se charge de trouver un palissandre ressemblant en teinte et en veinage, puis il ajuste la découpe et la pièce. On fait le collage avec un peu de colle teintée qu’on laisse sécher toute la nuit. Le lendemain  j’affleure le tout et on découvre un boulot quasi-invisible une fois les cordes montées pour qui ne sait pas que nous avons fait une telle découpe dans la touche.

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